Naguère la colonisation a été demandée de la part des burkinabés. Des routes ont été construites, une voie de chemin de fer, des hôpitaux,
des écoles,… Aaaahhh bonheur, avec tout ça la vie va être simplifiée et une économie pourra dès lors apparaître. On pourrai donc croire à l'effet bénéfique de tels dons de la part de l'occident. La
réalité est tout autre. En effet si de telles initiatives ont permis d'augmenter la qualité de vie des burkinabés des villes, elle a surtout laissé de bien mauvaises habitudes. Le résultat de la
colonisation est un pays dans lequel la population a l'habitude d'attendre que les blancs donnent de l'argent pour "les sauver" du mauvais sort.
Ici le blanc est toujours le bien venu, où qu'il aille. Les association caritatives pullulent, sans parler du tourisme humanitaire. Des blancs viennent creuser des
puits, installer des latrines, édifier des écoles, attribuer des budgets pour la réalisation de tel ou tel projet. Le néocolonialisme est donc une réalité ici bas. Pour contrer les famines on
apporte du riz, pour contrer la mal nutrition la spiruline semble être la solution en or. Dans ce dernier cas la mise en œuvre de la production de l'algue salvatrice coûte si cher que les
populations locales ne peuvent pas l'acheter. Le système repose donc sur un commerce avec l'Europe a qui on vend très cher pour que les locaux puissent s'approvisionner aux moindres frais. Bref
toute une économie reposant sur l'occident: si on se barre tout s'effondre; mais si on reste, le Burkina ne sera jamais autonome et à même de se battre et de relever des défis. Pourquoi reste t on?
Ah la bonne question. Pour la même raison qui nous a poussé à la colonisation de pays où il n'y avait aucune richesse à tirer comme c'est le cas du Burkina Faso. Mais pourquoi? Pure charité,
mauvaise conscience suite au commerce triangulaire, intérêt de faire de nouveaux fidèles au dogme catholique? Quoi qu'il en soit, pour que le peuple vive indépendamment, il faut qu'il ait une
conscience propre, ses propres rebelles visionnaires qui voudraient métamorphoser le pays. Le problème est qu'elle est sans cesse atrophiée par nos initiatives caritatives.
Remarquez, tenir par la main ces hommes est une très bonne façon de les tenir asservis, sinon incapables de
mener à bien une réelle révolution intellectuelle et industrielle. Cette dernière phrase reflète le fond de ma pensée mais il n'est pas exclu que je me trompe, a force d'imaginer corruption et
conspiration partout. Horwell, 1984, Roman ou Prophétie?
De plus, un nouveau paramètre actuel vient s'ajouter: c'est la mondialisation. Cette petite graine s'infiltre et croit telle une mauvaise
herbe au milieu d'un champ de mil. Les gens ne rêvent alors de millions, de téléphones portables hightech et autres illusions du bien être. Finalement l'occident arrive à dresser la population à
l'envie de plumer son prochain, à s'enrichir. Il faut les comprendre aussi, ils sont si pauvres!!! Après les malnutris, nouveauté: le Burkina fabrique des exclus.
Quelle est la solution? Comment ces pays peuvent donc sortir d'un trou dans lequel on ne cesse de les y enfoncer, avec leur consentement
bien sûr. Une solution serait donc de les laisser crever la gueule grande ouverte!? Cela paraît terrible. Mais réflexion faite, pourquoi pas finalement… c'est brutal mais efficace; rappelez vous
1789. Les gens comprendraient alors l'importance de la solidarité, l'importance de préserver son savoir traditionnel, l'importance de creuser un puit ou de faire un chiotte plutôt que d'attendre
qu'un blanc apitoyé sur leur triste sort ne vienne leur faire leur boulot. Ils apprendraient à faire des choix, à avoir le courage, à mener une politique sans quoi tout le monde crierait famine.
Une conscience pourrait naître. Au lieu de cela ils restent dépendant de l'homme blanc qui ne cesse de faire miroiter ses millions en travaillant pour eux, les gardant à jamais dépendant. Ce
serait donc la fin des missions humanitaires, fin du riz donné (qui est en fait revendu au marché d'ailleurs!!). S'ils se retrouvaient à leur propre merci, ils creuseraient certainement des
digues pour irriguer les champs, ils inculqueraient aux enfants les connaissances des ancêtres, ils apprendraient donc à subvenir à leur besoins. Seul remède possible au mal qui les
décimerait.
Et parfois l'inimaginable se produit. Un homme apparaît dans le paysage politique, comme Thomas Sankara. Un président prônant l'autonomie
de son pays. Bizarrement, il fut assassiné par on ne sait qui avec le soutien d'hommes mystérieux. Une lumière s'éteint. Autre lueur d'espoir d'aujourd'hui: le cinéma. Les langues africaines
commencent à se délier. La révolution tant attendue arriverai? Si dieux le veut…
Par tomchou
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Franz Fanon, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, était né à Fort-de-France, il était noir: dans son livre, ce fait là est important. C'est un livre qui a vraiment fait date, et probablement une des analyses de la sitation coloniale les plus intelligentes (heu... également assez violente puisqu'il y est question de révolution).
Bref, une lecture enrichissante.
Bises
Alexis
FranTz FANON. avec un T
Tant que j'y suis: première édition de son livre en 1961.
Réédition 2006 à La découverte.
Bon, il me reste à lire tes posts... maintenant que je les ai commentés ;)