Ici, le travail du bronze est une activité très répandue. Les artisans sont donc partout. C’est donc un métier très traditionnel. En Afrique, on est grillot de père en fils ; il en est de même pour les autres professions telles que cordonnier, forgeron ou encore bronzier dans le cas présent. Mais le monde moderne a ouvert à tous les différents métiers.
Le travail du bronze est une tâche complète qui demande de nombreuses qualités : tout d’abord, il faut commencer par savoir ce que l’on va produire comme objet. La première qualité requise est donc la grâce artistique, le contrôle des volumes ; en bref, le talent. Une fois l’idée parvenue dans l’esprit, il faut la réaliser… Des figurines en cires sont donc crées. Elles reflètent l’image cérébrale. Les formes sont affinées, travaillées jusqu’à ce que l’objet soit parfait. En effet, l’objet en bronze sera la réplique quasiment exact de ce qu’était l’objet en cire.
Une fois que le résultat semble satisfaisant, il faut couvrir la cire de terre. Cette opération paraît simple mais en fait elle requière une habilité tout à fait particulière. L’enjeu est grand et les problématiques sont nombreuses. En maculant la cire de terre, il ne faut pas modifier l’objet de cire. Une caractéristique physique de la cire est que c’est mou… vous voyez directement où je veux en venir. Ensuite, il ne faut que la terre colle en tout point aux formes de la statuette de cire sans quoi le moule de terre ne sera pas fidèle à la forme de cire.
Une fois que l’opération terre est terminée, on laisse sécher au soleil pour que la terre se rigidifie autour de la cire. Mais des crevasses apparaissent fatalement. Une seconde couche de terre sera donc appliquée autour de la première assurant la rigidité du moule et limitant le nombre de fissures potentielles.
Etape suivante : cuire les moules. Comme vous le savez très certainement la terre cuite est une matière solide qui résiste aux fortes températures. Les moules sont donc mis dans un grand brasier. La cire fond et les moules sont donc vidés au fur et à mesure. Une dernière couche de terre est mise sur les moules qui sont cuits une deuxième fois.
Pendant ce temps il faut s’activer pour faire fondre le bronze (en fait, c’est du laiton parait-il) : des compteurs d’eau en cuivre, des vis et boulons en cuivre ainsi que des poignées de portes etc. Tout est fondu… Ca m’a fait penser aux cons qui s’adorent (conquistadores) qui fondaient les œuvres d’art amérindiennes pour faire des lingots… Ici c’est l’inverse ; à partir des « lingots » des œuvres d’art sont fabriquées. Bref, il faut faire monter la température. Pour cela une roue de vélo activant une soufflerie à la base d’un four est activée. Je peux vous dire que c’est bien crevant : on se prend des coups de chaud en provenance du feu et en plus faut faire du sport !! Pas un taf de PD^^ (excusez moi d’avance amis homos c’est juste pour l’expression).
Enfin le bronze est à fusion. Avec une sorte de louche géante, faut aller chercher le métal liquide et le transférer de la marmite aux moules de terre brûlants sortant de leur deuxième cuisson. Ainsi pas de choc de température et les moules n’éclateront pas. L’opération est bien tendue, surtout en tongs. Attention aux projections. De plus si les moules fuient une personne est prête et colmate les brèches avec de la terre et sans les gants s’il vous plait !
On laisse refroidir puis on démoule. Ahhhh les belles statuettes que voilà. Maintenant tâche la plus longue : il faut poncer les pièces. J ai fait un baobab et je vous assure que tourner autour des branches il n’y a pas plus chiant !
Mais bon, le résultat est satisfaisant et ça vaut largement le coup de se casser le cul. Gloire à ces artistes qui ont été de très bons professeurs.
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